
Le décret n°2015-1437 du 5 novembre 2015 fixe une liste limitative de documents : bulletins de salaire, avis d’imposition, pièce d’identité, justificatifs de domicile. Tout ce qui sort de cette liste constitue une exigence abusive exposant le bailleur à des sanctions pénales. Comprendre ce que la loi autorise permet de défendre ses droits tout en présentant un dossier conforme qui rassure le bailleur.
Limites et précautions :
- La liste des documents autorisés est fixée par décret et peut évoluer selon les réformes législatives
- Certaines situations spécifiques (étudiants, travailleurs indépendants, expatriés) peuvent nécessiter des justificatifs adaptés non mentionnés ici
- Les pratiques des bailleurs et agences peuvent varier dans le cadre légal, notamment sur les documents complémentaires facultatifs
- Ce contenu ne remplace pas la consultation des textes officiels en vigueur ni l’accompagnement d’une ADIL pour les situations complexes
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation juridique. Consultez un avocat ou notaire pour toute décision juridique engageante. Pour les cas particuliers, rapprochez-vous de l’ADIL (Association Départementale d’Information sur le Logement) de votre département, ou consultez service-public.fr pour la réglementation actualisée.
Votre checklist express avant de constituer le dossier
- Rassemblez vos trois derniers bulletins de salaire (ou deux derniers bilans si indépendant) datant de moins de trois mois
- Joignez votre dernier avis d’imposition ou de non-imposition et une copie recto-verso de votre pièce d’identité
- Vérifiez que le bailleur ne réclame aucun document interdit : ni relevés bancaires, ni extrait de casier judiciaire
- Préparez un garant solidaire avec ses propres justificatifs ou activez la garantie Visale si vous êtes éligible
- Assurez-vous que vos revenus nets représentent au moins trois fois le montant du loyer charges comprises
Quels documents un bailleur peut-il légalement exiger ?
Le cadre réglementaire est clair : ce que le décret n°2015-1437 impose expressément au bailleur, c’est de se limiter à une liste de pièces justificatives définie par la loi. Cette liste, consolidée par le décret n°2022-1014 du 19 juillet 2022 et en vigueur depuis le 1er janvier 2023, dresse l’inventaire complet des documents autorisés : pièce d’identité, justificatifs de domicile, de revenus et de situation professionnelle. Rien d’autre.
Sur le marché locatif dijonnais, la concurrence entre candidats pousse certains propriétaires à outrepasser ce cadre. Les professionnels de l’immobilier recommandent généralement de rappeler poliment mais fermement la liste légale lorsqu’un bailleur réclame des documents interdits. L’article 225-1 du Code pénal sanctionne les pratiques discriminatoires en matière de logement, y compris l’exigence de pièces non conformes au décret.
Attention : Le bailleur ne peut en aucun cas exiger les documents suivants :
- Relevés bancaires
- Attestation d’absence de crédit
- Extrait de casier judiciaire
- Certificat de grossesse
- Photographie du logement précédent
Ces demandes constituent des exigences abusives exposant le propriétaire à des sanctions pénales. Si vous êtes confronté à une telle situation, signalez-le à l’ADIL de votre département ou à une association de défense des locataires.
Les justificatifs de revenus doivent rester récents : la pratique courante du marché impose une ancienneté maximale de trois mois pour les bulletins de salaire, quittances de loyer ou attestations employeur. Un dossier constitué en janvier avec des bulletins d’août de l’année précédente sera systématiquement rejeté pour obsolescence. Cette règle non écrite dans le décret s’appuie sur le besoin du bailleur de vérifier la continuité effective des revenus.
Revenus, emploi, solvabilité : rassembler les preuves financières décisives

Les justificatifs financiers constituent le socle de votre dossier. Le décret autorise le bailleur à exiger les trois derniers bulletins de salaire, ou les deux derniers bilans pour les professions non salariées, ou encore un justificatif de versement des indemnités, retraites et pensions des trois derniers mois. Cette distinction par statut professionnel répond à la diversité des situations contractuelles.
Le ratio entre vos revenus et le montant du loyer joue un rôle central dans l’acceptation du dossier. Bien que non imposé par la loi, les bailleurs appliquent couramment un seuil de solvabilité fixé à trois fois le montant du loyer charges comprises. Pour un loyer de 700 € charges comprises, vos revenus nets mensuels doivent donc atteindre au minimum 2 100 €. Ce ratio s’appuie sur les recommandations des organismes HLM et sur les critères de risque des assurances garantie loyers impayés (GLI).
Face à ces critères de solvabilité exigeants, de nombreux candidats locataires peinent à évaluer la solidité de leur dossier et à anticiper les attentes des propriétaires. Les agences immobilières spécialisées sur le marché dijonnais maîtrisent ces codes et accompagnent les candidats dans l’optimisation de leur présentation. La plateforme fdit21.com propose cet accompagnement personnalisé pour constituer un dossier conforme qui maximise les chances d’acceptation tout en respectant le cadre légal.
| Profil | Documents obligatoires | Compléments recommandés | Solutions si revenus faibles |
|---|---|---|---|
| Salarié CDI | 3 derniers bulletins de salaire + contrat de travail + dernier avis d’imposition | Attestation employeur confirmant l’ancienneté | Garant solidaire ou Visale si éligible |
| Salarié CDD | 3 derniers bulletins + CDD en cours + avis d’imposition | Historique contrats précédents si CDD successifs | Garant obligatoire dans 80% des cas |
| Indépendant / Auto-entrepreneur | 2 derniers bilans comptables + avis d’imposition + attestation comptable | Relevé URSSAF à jour + justificatif Kbis si société | Garant + attestation revenus prévisionnels si activité récente |
| Étudiant | Certificat scolarité + avis d’imposition parents + justificatif bourse si applicable | Attestation de stage rémunéré ou job étudiant | Garant parental obligatoire |
| Retraité | Titre de pension + 3 derniers justificatifs versement + avis d’imposition | Relevé patrimoine si revenus complémentaires | Rarement nécessaire (revenus stables et garantis) |
Un travailleur indépendant se heurte souvent à la difficulté de justifier de revenus stables. L’ajout d’un garant solvable et d’une attestation comptable détaillée permet de rassurer le propriétaire sur la régularité des flux financiers.
Conseil pro : Trois erreurs sabotent fréquemment un dossier pourtant complet : des bulletins de salaire datant de plus de trois mois (obsolescence), des photocopies recto seul alors que le verso comporte l’attestation employeur, et des incohérences entre le revenu fiscal de référence et les bulletins récents (changement d’emploi non expliqué). Vérifiez la cohérence temporelle de l’ensemble avant envoi.
Garant, caution solidaire, lettre de motivation : peaufiner votre candidature

Le garant solidaire constitue un filet de sécurité décisif lorsque vos revenus se situent en limite du ratio attendu ou que votre statut professionnel (CDD, période d’essai, auto-entrepreneur récent) suscite des réserves. La caution personne physique engage un tiers — souvent un parent ou un proche — à régler les loyers et charges en cas de défaillance. Le bailleur peut exiger du garant les mêmes justificatifs que ceux demandés au locataire principal.
- Copie recto-verso de sa pièce d’identité en cours de validité
- Trois derniers bulletins de salaire ou justificatifs de pension de retraite
- Dernier avis d’imposition ou de non-imposition avec revenu fiscal de référence
- Justificatif de domicile datant de moins de trois mois (quittance, facture énergie)
- Attestation sur l’honneur de se porter caution solidaire (ou acte notarié si exigé)
Pour rédiger un courrier de garant conforme, veillez à ce que l’engagement mentionne explicitement la solidarité (et non la simple caution simple), la durée couverte et le montant maximal garanti. Ce formalisme juridique protège à la fois le locataire et le garant en délimitant clairement les obligations de chacun.
- Si vous avez moins de 30 ans ou êtes salarié précaire :
Activez la garantie Visale proposée gratuitement par Action Logement. Comme l’indique le portail officiel d’Action Logement, Visale garantit le paiement du loyer et des charges locatives au propriétaire en cas de défaillance, pour les trois premières années du bail depuis janvier 2026. L’inscription se fait en ligne sous conditions d’éligibilité (âge, revenus, statut).
- Si vous passez par une agence immobilière :
Proposez au propriétaire de souscrire une Garantie Loyers Impayés (GLI) auprès de son assureur. Cette garantie, payante pour le bailleur (généralement entre 2 et 4 % du loyer annuel selon les assureurs), couvre les impayés, dégradations et frais contentieux. Elle exonère le locataire de l’obligation de fournir un garant, à condition de respecter les critères de solvabilité de l’assureur.
- Si aucune des solutions précédentes ne s’applique :
Négociez un dépôt de garantie majoré (dans la limite légale de deux mois de loyer hors charges pour un logement vide, un mois pour un meublé). Certains bailleurs acceptent ce compromis en échange de l’absence de garant, bien que cette pratique reste à leur discrétion et ne soit pas encadrée par la loi.
Une lettre de motivation rédigée avec soin peut faire basculer la décision en votre faveur. Ce document facultatif permet de présenter votre projet et votre stabilité, en évitant les généralités.
Vos questions récurrentes sur le dossier de location
Combien de temps un dossier de location reste-t-il valable ?
Un dossier devient obsolète dès que les justificatifs de revenus ou de domicile dépassent trois mois d’ancienneté. Si vous cherchez activement un logement pendant plusieurs mois, actualisez vos bulletins de salaire et quittances pour maintenir la crédibilité de votre candidature. Les bailleurs refusent systématiquement les documents périmés, car ils ne reflètent plus la situation financière actuelle.
Peut-on envoyer des photocopies ou faut-il fournir des originaux ?
Le décret autorise le bailleur à demander des copies des documents, mais pas les originaux. Fournissez des photocopies lisibles recto-verso (notamment pour les pièces d’identité et les bulletins de salaire comportant une attestation employeur au verso). Certains propriétaires exigent de voir les originaux lors de la signature du bail pour vérification, ce qui reste légal à condition de ne pas les conserver.
Peut-on refuser de fournir certains documents de la liste officielle ?
Le bailleur dispose du droit de refuser votre candidature si vous ne fournissez pas les justificatifs listés dans le décret. Refuser de communiquer votre avis d’imposition ou vos bulletins de salaire fragilise votre dossier face à la concurrence. En revanche, vous pouvez légitimement refuser tout document ne figurant pas dans la liste officielle, et le propriétaire ne peut motiver un refus sur cette base.
Un propriétaire peut-il refuser un dossier sans motif ?
Le bailleur n’a aucune obligation légale de motiver un refus de candidature. Toutefois, un refus fondé sur un critère discriminatoire (origine, sexe, situation familiale, état de santé) tombe sous le coup de l’article 225-1 du Code pénal et expose le propriétaire à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende. Si vous soupçonnez une discrimination, contactez le Défenseur des droits ou une association spécialisée pour documenter le refus et engager un recours.
- Vérifiez que tous vos justificatifs datent de moins de trois mois et comportent les mentions obligatoires (recto-verso pour pièces d’identité et bulletins)
- Calculez votre ratio revenus/loyer : si inférieur à 3, identifiez dès maintenant un garant solidaire ou activez Visale
- Rassemblez les documents de votre garant en parallèle du vôtre pour éviter tout retard lors de la validation
- Refusez poliment mais fermement toute demande de relevés bancaires ou documents hors liste légale